Le bâtonnier de Charleville-Mézières et celui de Reims ont parlé d’une même voix. Les contentieux du quotidien — famille, prud’hommes, petites créances — ne peuvent pas tous remonter au siège. Les temps de trajet, dans les Ardennes, ne sont pas ceux de la petite couronne.

La cour d’appel a pris acte. Elle transmettra à la Chancellerie une carte des audiences foraines possibles, avec locaux et jours. Rien n’est décidé. Tout est déjà craint. Les greffes signalent des vacances de postes non pourvues depuis le printemps.

Le président du conseil départemental des Ardennes a écrit au garde des Sceaux. Il rappelle que l’accès au juge est une liberté publique. Le préfet, copié, a indiqué que l’État n’abandonnerait pas les sous-préfectures comme lieux d’audience si le ministère le demandait.

Les usagers, eux, ne militent pas. Ils subissent les reports. Une réforme lisible vaudrait mieux qu’une rumeur de carte. C’est, déjà, le message des barreaux.